mercredi 15 mai 2013

La première chose qu'on regarde - Grégoire Delacourt


Aux Editions J.C Lattès


Le plaisir que j’avais pris à lire « La liste de mes envies » était encore très frais dans mon esprit. Aussi étais-je persuadée qu’il en irait de même pour ce nouvel opus. Hélas, ce fut une énorme déception.  
Arthur jeune garagiste, maladroit avec les filles, voit un soir sa vie basculer avec l’arrivée impromptue de la belle Scarlett Johansson.
Lui le timide, le réservé, va vivre une belle histoire d’amour avec le sosie de la jeune actrice. Pourtant leur idylle ne durera qu’une semaine.
S’il est plutôt flatteur de ressembler à Scarlett, on n’imagine mal qu’au quotidien cela puisse aussi être vécu comme un enfer. Et pourtant…
Le sujet de fond est intéressant, l’ennui c’est qu’il n’a été traité que très superficiellement. L’histoire manque de relief et les propos de  profondeur  pour rendre le récit captivant.
De plus,  les références systématiques aux livres de Jean Follain ainsi que celles trop nombreuses entre parenthèses ou en italiques ne facilitent pas la lecture de ce livre.

lundi 29 avril 2013

VOYAGES de Herbjorg Wassmo



Aux éditions Gaïa


Avant même d’être conquise par le résumé, mon œil avait été attiré par la couverture et la couleur sanguine des pages, caractéristiques des Editions Gaïa.
Je ne m’attendais pas à acheter un recueil de nouvelles, puisque c’est bien de cela dont il s’agit en réalité. Quatre petites histoires pour lesquelles les protagonistes de chacune, s’évadent  dans un voyage intérieur entre souvenir et nostalgie.

De la première à la dernière nouvelle, il est question de départ, d’absence, d’accident ou de mort. L’auteur met en exergue,  avec des mots simples, les émotions et les souvenirs qui nous submergent lorsque un être s’en va, quelle que soit la raison de ce départ. Et de ces départs découle l’absence, l’absence de l’autre, de celui ou de celle dont on se rappelle avec du vague à l’âme.

Herbjorg Wassmo réalise une vraie prouesse rédactionnelle dans sa façon de suggérer l’histoire.  Cependant si le récit, tout en  suggestion,  est agréable à lire,  il est aussi indispensable au lecteur d’être très attentif à bien suivre le fil afin d’en comprendre le sens.
 Bien sûr, le thème émergent est assez lugubre, et il faut être prêt moralement à apprécier l’ouvrage.

C’est le premier livre que je lis de cet auteur mais ce n’est certainement pas le dernier.

« C’est incroyable comme tout va mieux quand on est optimiste ».

« Il n’y avait pas eu beaucoup de désirs dans ma vie. Plutôt des nostalgies. Les désirs, il faut les assouvir, tandis que les nostalgies, on peut les conserver comme des sachets d’épices dans un tiroir. L’arôme s’en dégage chaque fois qu’on ouvre le tiroir. Le parfum ne disparaît que progressivement. Et le jour où il a disparu quand on ouvre le tiroir, on ne s’en aperçoit même pas.
Les désirs par contre !

lundi 22 avril 2013

JE VAIS MIEUX



de David Foenkinos 
aux éditions Gallimard


Si je compare avec les derniers ouvrages que je viens de lire, ce livre me paraît un peu fade. Et pourtant je suis sûre que certains se reconnaîtront dans le récit de Foenkinos.

Qui n’a pas éprouvé des douleurs dans son corps sans jamais en connaitre l’origine ?
Qui ne s’est pas effondré un soir en rentrant du travail le corps soumis aux pires souffrances ? Échafaudant alors les hypothèses les plus folles…
Le stress, le travail, le couple, … Une somme de choses qui empoisonnent votre vie au point de s’oublier, de se malmener. Les douleurs, telles des sonnettes d’alarme retentissent dans votre corps… Ordonnant une pause, peut-être plus de clairvoyance et au final une vie plus saine. Voilà ce dont traite le livre de David Foenkinos.

Le héros de ce récit, subissant d’horribles douleurs,  recourra à toutes sortes de remèdes plus ou moins conventionnels. De galères professionnelles en galères familiales, de rendez-vous médicaux en rendez-vous amoureux, il réussira cependant à identifier, au bout d’une longue quête, les causes de ses maux.  

Certes ce livre est léger, mais il a l’avantage de se lire vite et surtout, il permet à chacun de s’approprier l’histoire facilement. 


dimanche 14 avril 2013

Le Cimetière des Hirondelles de MALLOCK


Aux éditions Fleuve Noir

Le Cimetière des Hirondelles, c’est tout d’abord un voyage entre La République dominicaine et Paris. Mais il n’est pas question de  belles plages vantées par les brochures touristiques, il s’agit plutôt de l’envers du décor et de l’histoire d’un homme qui  va, sans aucune raison apparente, effectuer des milliers de kilomètres pour tuer un vieillard qu’il ne connait pas. Ici commence alors le récit d’une troublante tragédie vieille de plus de soixante ans.

Que ce soit par l’histoire fouillée et bien ficelée,  par ses rebondissements, son vocabulaire choisi, l’humour que l’auteur apporte par petites touches dans son ouvrage, par les métaphores qu’il utilise, ou encore par le côté irrationnel qui fait voler en éclat nos certitudes, les rebondissements de cette sombre affaire ne laisseront pas le lecteur indifférent.
Je ne le qualifierais pas de polar, pas plus que de thriller ce serait trop réducteur, c’est selon moi un excellent roman littéraire policier qui le rend d’autant plus intéressant par la personnalité qui se dégage de ce commissaire Mallock. 

Car au-delà de l’intrigue, l’auteur  nous embarque dans l’univers de Mallock. Celui d’un passé entaché d’un drame pour lequel il souffre en silence, celui d’un être sensible,  ours au cœur tendre. Celui encore, d’un épicurien aimant la bonne chère, les cigares et le Lagavulin.

Et  lorsque l’on a la chance de croiser la route de l’auteur, on devine à son accueil chaleureux et son sens de l’humour  que le héros du livre et l’auteur ne sont qu’un,  pour preuve :  Amédée Mallock (de son vrai nom J.-D. Bruet-Ferreol) est à la fois le nom d’emprunt de l’auteur et celui de son commissaire.

Alors s’il faut encore le préciser, oui je suis séduite par cet ouvrage. L’ennui, c’est le sentiment de solitude qui nous envahit, lorsque la dernière page d’un livre que l’on a vraiment aimé, est tournée. Il ne reste plus qu’à attendre maintenant avec impatience le prochain opus. Et l’impatience est d’autant plus grande lorsque l’on sait que la trame se déroulera à proximité du Bassin !


mardi 2 avril 2013

LA THEORIE DE L'INFORMATION - Aurélien Bellanger




Aux Editions Gallimard

Alors que depuis quelques jours les médias s’enflamment sur la future école d’informaticiens  créée par Xavier Niel, moi je termine fort à propos "La Théorie de l’Information".  Ce livre a été l’un des événements marquants de la rentrée littéraire de septembre 2012.
Je me suis tout à d’abord replongée avec beaucoup de plaisir dans l’aire du minitel, époque fantastique de mon adolescence où les avancées technologiques promettaient un avenir radieux à tous les geeks en herbe.
J’ai revécu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir nostalgique,  la genèse de l’aire télématique et informatique puis enfin l’épopée numérique de ces trente dernières années. Si le début du livre était prometteur, la fin me laisse un peu perplexe. Entre les aspects  économiques,  philosophiques, romanesques, scientifiques et même parfois mystiques, abordés dans cet ouvrage, je m’y perds un peu. Je ne sais plus vraiment que retenir, si ce n’est peut-être l’histoire de la vie mouvementée du personnage principal, Pascal Ertanger, dont le parcours ressemble étrangement à celui de Xavier Niel.
Entrevoir ce que fut la vie de ce trublion de l’informatique, autodidacte et avant-gardiste, allège un peu la lecture de cet ouvrage.
E.D

dimanche 24 mars 2013

STONER




de John William

Traduit par Anna Gavalda

Aux Editions  « J’ai Lu »

1910… Rien ne laissait supposer que ce jeune homme un peu rustre, renfermé, issu du monde rural, n’ayant jamais quitté son village natal, se retrouverait à l’université du Missouri pour y étudier l’agronomie. Rien ne laissait supposer non plus,  qu’il abandonnerait très vite ses études agricoles pour devenir professeur de littérature.

C’est au cours de ce cursus universitaire que Stoner se prit d’une véritable passion pour la littérature et son histoire. Dès lors, sa vie entière sera vouée à sa passion des mots, des écrits et de leurs écrivains.
Lui l’étudiant simple et réservé,  peu à l’aise en société, découvrira la difficulté de la vie de professeur au sein de l’université. Les rivalités, les coups bas de certains collègues et le rôle politique qu’ils endossent, le déstabiliseront jusqu’à lui faire perdre son étiquette de brillant professeur.
Rien ne l’empêchera cependant de conserver la même exaltation face à ses élèves et d’aller au bout de la mission dont il a fait son but, celle de faire vivre la littérature auprès des générations futures jusqu’à ce que la mort l’emporte.

Un très beau livre. Une chance qu’Anna Gavalda ait choisi de le traduire.

E.D

mardi 19 mars 2013

LA SALAMANDRE de Jean Christophe Rufin




Aux Editions Folio

Nombreux sont les livres qui m’ont marqué mais la Salamandre fait partie de ceux que je relis pour la deuxième fois et dont l’impact reste aussi fort qu’à la première lecture. L’écriture de Jean Christophe Rufin y est certainement pour beaucoup mais l’histoire de l’héroïne est bouleversante au point d’essayer de se mettre à la place de cette victime qui pourtant, à aucun moment du récit, ne se considère comme telle.
Catherine, âgée de 46 ans, vit dans la solitude d’un univers confortable mais routinier. Sa vie rangée, accès sur le travail, exclut toute forme d’amusement. Obligée par sa Direction de prendre quelques jours de congés, elle s’envole pour le Brésil alors qu’elle n’a presque jamais voyagé.
Pendant un mois de vacances, elle va découvrir un univers différent où le rythme, la culture et les coutumes s’opposent totalement à ce qu’elle a toujours connu. La plage, le farniente, les gigolos, dont l’un d’entre eux lui fera tourner la tête, font dorénavant partie de son nouveau quotidien. Bien que pensant mener la danse, elle tombera dans les filets de cet être vil, au point d’y perdre toute dignité. Est-ce son trop grand manque d’amour ou la fadeur de son existence qui la poussera toujours plus vers Gilberto? Est-ce l’amour véritable qu’elle lui voue ou le sentiment d’exister vraiment pour la première fois de sa vie qui  la mènera à se faire humilier et mutiler sauvagement ? Sans regretter sa vie « d’avant », bien que ruinée et malgré les stigmates des atrocités subies, elle se sentira désormais libre dans sa nouvelle terre d’adoption.