samedi 8 juin 2013

La vérité sur l'Affaire Harry Québert


de Joël Dicker
Aux Editions de Fallois/L'Age d'Homme

Résumé de l'éditeur :
A New-York, au printemps 2008, alors que l’Amérique bruisse des prémices de l’élection présidentielle, Marcus Goldman, jeune écrivain  à succès, est dans la tourmente : il est incapable d’écrire le nouveau roman qu’il doit remettre à son éditeur d’ici quelques mois.
Le délai est près d’expirer quand soudain tout bascule pour lui : son mai et ancien professeur d’université, Harry Quebert, l’un des écrivains les plus respectés du pays, est rattrapé par son passé et se retrouve accusé d’avoir assassiné, en 1975, Nola Kellergan, une jeune fille de 15 ans, avec qui il aurait eu une liaison.
Convaincu de l’innocence de Harry, Marcus abandonne tout pour se rendre dans le New Hampshire et mener son enquête. Il est rapidement dépassé par les événements : l’enquête s’enfonce et il faut l’objet de menaces. Pour innocenter Harry et sauver sa carrière d’écrivain, il doit absolument répondre à trois questions. Qui a tué Noel Kellergan ? Que s’est-il passé dans le New Hampshire à l’été 1975 ? Et comment écrit-on un roman à succès ?
Sous ses airs de thriller à l’américaine, la Vérité sur l’Affaire Harry Québert est une réflexion sur l’Amérique, sur les travers de la société moderne, sur la littérature, sur la justice et sur les médias.


Mon avis:

Si je m’étais arrêté à quelques chroniques lues sur la toile, je n’aurais pas acheté ce livre, et je serais passé à côté d’un bon roman, d’une histoire ficelée, d’un d’ouvrage que l’on ne repose qu’une fois  la dernière page tournée. Il est en effet de ce genre de livre qu’on lit d’une traite sans s’arrêter et de celui où l’on quitte l’histoire et ses personnages à regret.
Il est question d’un jeune écrivain célèbre en panne d’inspiration et d’un autre écrivain non moins célèbre qui fut son professeur et mentor durant sa période universitaire. Il est aussi question d’amour, de trahison… Je pourrais parler longuement de l’histoire et de ses multiples rebondissements, de la liaison passionnelle qu’entretenait le professeur avec la victime, de l’intrigue, du suspens, du fait qu’à chaque fois que l’on pense tenir un coupable, un nouvel élément vient contrecarrer notre hypothèse rendant l’histoire captivante. Mais il est inutile d’en dévoiler plus que le résumé ne le fait déjà pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte.

La description faite de la nature de l’écrivain lui-même et du rapport qu’il entretient avec son entourage et notamment avec son éditeur, donnent un intérêt supplémentaire à la lecture de ce roman.
Un troisième point intéressant à soulever, même s’il a été très décrié par quelques chroniqueurs et blogueurs ; c’est la façon dont Dicker endosse l’habit  d’un auteur américain pour structurer son livre et son histoire. Il décrit l’ambiance de ces petites villes américaines, éloignées des grandes métropoles, dont les habitants  aux rêves inassouvis, déçus et aigris par l’immobilisme de leur vie, suscitent à la fois attrait et dégoût.  Le poids des commérages et des indiscrétions, tout y est dépeint avec habilité et crédibilité.

Joel Dicker a été vivement critiqué pour son style dans cet ouvrage et c’est dommage car comme l’a très justement dit Monsieur de Fallois, son éditeur, lors d’une interview pour le Figaro :
"La première qualité d'un romancier est de savoir captiver le public. C'est un don rare", et il a rajouté "le style doit s'effacer derrière l'histoire". "Dans le roman, le style n'est pas une fin en soit. Ce qu'il faut c'est être vivant..."

Je suis parfaitement d’accord avec Monsieur de Fallois,  je me suis laissé emporter par l’histoire de Monsieur Harry Québert, de la première à la dernière page. Et n’en déplaise aux puristes,  j’ai passé un très agréable moment.

Propos de Monsieur Bernard de Fallois recueillis sur le site du Figaro/livres, cliquez sur le lien ci-dessous :



lundi 27 mai 2013

Demain j'arrête ! de Gilles Legardinier


Aux Editions Pocket


Si la sécurité sociale n’accusait pas déjà un lourd déficit, j’aurais suggéré que ce livre soit remboursé au même titre qu’une prescription d’anxiolytiques.
Blague à part, je suis certaine  de l’effet bénéfique de l’ouvrage pour les lecteurs dont le moral est en berne.
Julie, jeune femme attachante de 30 ans mène une vie presque routinière entourée de ses amis, dans une petite ville de province. Mais sa vie tranquille commence à l’ennuyer, jusqu'au jour où, un nouveau voisin emménage dans son immeuble. Son quotidien va alors être bouleversé par l’arrivée de ce jeune homme et elle multipliera les bourdes et les gaffes pour tenter de le séduire.
Frais, léger, et drôle, doté d’une histoire sympathique et d’un « happy end », ce petit ouvrage fait partie des incontournables qui apportent de l’humour, de la joie, et de la légèreté dans la vie des lecteurs. « Demain j’arrête », est un remède contre la morosité et dans cette période économique et sociale compliquée,  il est d’utilité publique de lire ce livre.

Un ouvrage à mettre dans son sac pour les vacances, si vous avez résisté jusque-là…

mercredi 15 mai 2013

La première chose qu'on regarde - Grégoire Delacourt


Aux Editions J.C Lattès


Le plaisir que j’avais pris à lire « La liste de mes envies » était encore très frais dans mon esprit. Aussi étais-je persuadée qu’il en irait de même pour ce nouvel opus. Hélas, ce fut une énorme déception.  
Arthur jeune garagiste, maladroit avec les filles, voit un soir sa vie basculer avec l’arrivée impromptue de la belle Scarlett Johansson.
Lui le timide, le réservé, va vivre une belle histoire d’amour avec le sosie de la jeune actrice. Pourtant leur idylle ne durera qu’une semaine.
S’il est plutôt flatteur de ressembler à Scarlett, on n’imagine mal qu’au quotidien cela puisse aussi être vécu comme un enfer. Et pourtant…
Le sujet de fond est intéressant, l’ennui c’est qu’il n’a été traité que très superficiellement. L’histoire manque de relief et les propos de  profondeur  pour rendre le récit captivant.
De plus,  les références systématiques aux livres de Jean Follain ainsi que celles trop nombreuses entre parenthèses ou en italiques ne facilitent pas la lecture de ce livre.

lundi 29 avril 2013

VOYAGES de Herbjorg Wassmo



Aux éditions Gaïa


Avant même d’être conquise par le résumé, mon œil avait été attiré par la couverture et la couleur sanguine des pages, caractéristiques des Editions Gaïa.
Je ne m’attendais pas à acheter un recueil de nouvelles, puisque c’est bien de cela dont il s’agit en réalité. Quatre petites histoires pour lesquelles les protagonistes de chacune, s’évadent  dans un voyage intérieur entre souvenir et nostalgie.

De la première à la dernière nouvelle, il est question de départ, d’absence, d’accident ou de mort. L’auteur met en exergue,  avec des mots simples, les émotions et les souvenirs qui nous submergent lorsque un être s’en va, quelle que soit la raison de ce départ. Et de ces départs découle l’absence, l’absence de l’autre, de celui ou de celle dont on se rappelle avec du vague à l’âme.

Herbjorg Wassmo réalise une vraie prouesse rédactionnelle dans sa façon de suggérer l’histoire.  Cependant si le récit, tout en  suggestion,  est agréable à lire,  il est aussi indispensable au lecteur d’être très attentif à bien suivre le fil afin d’en comprendre le sens.
 Bien sûr, le thème émergent est assez lugubre, et il faut être prêt moralement à apprécier l’ouvrage.

C’est le premier livre que je lis de cet auteur mais ce n’est certainement pas le dernier.

« C’est incroyable comme tout va mieux quand on est optimiste ».

« Il n’y avait pas eu beaucoup de désirs dans ma vie. Plutôt des nostalgies. Les désirs, il faut les assouvir, tandis que les nostalgies, on peut les conserver comme des sachets d’épices dans un tiroir. L’arôme s’en dégage chaque fois qu’on ouvre le tiroir. Le parfum ne disparaît que progressivement. Et le jour où il a disparu quand on ouvre le tiroir, on ne s’en aperçoit même pas.
Les désirs par contre !

lundi 22 avril 2013

JE VAIS MIEUX



de David Foenkinos 
aux éditions Gallimard


Si je compare avec les derniers ouvrages que je viens de lire, ce livre me paraît un peu fade. Et pourtant je suis sûre que certains se reconnaîtront dans le récit de Foenkinos.

Qui n’a pas éprouvé des douleurs dans son corps sans jamais en connaitre l’origine ?
Qui ne s’est pas effondré un soir en rentrant du travail le corps soumis aux pires souffrances ? Échafaudant alors les hypothèses les plus folles…
Le stress, le travail, le couple, … Une somme de choses qui empoisonnent votre vie au point de s’oublier, de se malmener. Les douleurs, telles des sonnettes d’alarme retentissent dans votre corps… Ordonnant une pause, peut-être plus de clairvoyance et au final une vie plus saine. Voilà ce dont traite le livre de David Foenkinos.

Le héros de ce récit, subissant d’horribles douleurs,  recourra à toutes sortes de remèdes plus ou moins conventionnels. De galères professionnelles en galères familiales, de rendez-vous médicaux en rendez-vous amoureux, il réussira cependant à identifier, au bout d’une longue quête, les causes de ses maux.  

Certes ce livre est léger, mais il a l’avantage de se lire vite et surtout, il permet à chacun de s’approprier l’histoire facilement. 


dimanche 14 avril 2013

Le Cimetière des Hirondelles de MALLOCK


Aux éditions Fleuve Noir

Le Cimetière des Hirondelles, c’est tout d’abord un voyage entre La République dominicaine et Paris. Mais il n’est pas question de  belles plages vantées par les brochures touristiques, il s’agit plutôt de l’envers du décor et de l’histoire d’un homme qui  va, sans aucune raison apparente, effectuer des milliers de kilomètres pour tuer un vieillard qu’il ne connait pas. Ici commence alors le récit d’une troublante tragédie vieille de plus de soixante ans.

Que ce soit par l’histoire fouillée et bien ficelée,  par ses rebondissements, son vocabulaire choisi, l’humour que l’auteur apporte par petites touches dans son ouvrage, par les métaphores qu’il utilise, ou encore par le côté irrationnel qui fait voler en éclat nos certitudes, les rebondissements de cette sombre affaire ne laisseront pas le lecteur indifférent.
Je ne le qualifierais pas de polar, pas plus que de thriller ce serait trop réducteur, c’est selon moi un excellent roman littéraire policier qui le rend d’autant plus intéressant par la personnalité qui se dégage de ce commissaire Mallock. 

Car au-delà de l’intrigue, l’auteur  nous embarque dans l’univers de Mallock. Celui d’un passé entaché d’un drame pour lequel il souffre en silence, celui d’un être sensible,  ours au cœur tendre. Celui encore, d’un épicurien aimant la bonne chère, les cigares et le Lagavulin.

Et  lorsque l’on a la chance de croiser la route de l’auteur, on devine à son accueil chaleureux et son sens de l’humour  que le héros du livre et l’auteur ne sont qu’un,  pour preuve :  Amédée Mallock (de son vrai nom J.-D. Bruet-Ferreol) est à la fois le nom d’emprunt de l’auteur et celui de son commissaire.

Alors s’il faut encore le préciser, oui je suis séduite par cet ouvrage. L’ennui, c’est le sentiment de solitude qui nous envahit, lorsque la dernière page d’un livre que l’on a vraiment aimé, est tournée. Il ne reste plus qu’à attendre maintenant avec impatience le prochain opus. Et l’impatience est d’autant plus grande lorsque l’on sait que la trame se déroulera à proximité du Bassin !


mardi 2 avril 2013

LA THEORIE DE L'INFORMATION - Aurélien Bellanger




Aux Editions Gallimard

Alors que depuis quelques jours les médias s’enflamment sur la future école d’informaticiens  créée par Xavier Niel, moi je termine fort à propos "La Théorie de l’Information".  Ce livre a été l’un des événements marquants de la rentrée littéraire de septembre 2012.
Je me suis tout à d’abord replongée avec beaucoup de plaisir dans l’aire du minitel, époque fantastique de mon adolescence où les avancées technologiques promettaient un avenir radieux à tous les geeks en herbe.
J’ai revécu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir nostalgique,  la genèse de l’aire télématique et informatique puis enfin l’épopée numérique de ces trente dernières années. Si le début du livre était prometteur, la fin me laisse un peu perplexe. Entre les aspects  économiques,  philosophiques, romanesques, scientifiques et même parfois mystiques, abordés dans cet ouvrage, je m’y perds un peu. Je ne sais plus vraiment que retenir, si ce n’est peut-être l’histoire de la vie mouvementée du personnage principal, Pascal Ertanger, dont le parcours ressemble étrangement à celui de Xavier Niel.
Entrevoir ce que fut la vie de ce trublion de l’informatique, autodidacte et avant-gardiste, allège un peu la lecture de cet ouvrage.
E.D